Se sentir capable, un grand pas vers la réussite scolaire


La confiance et un concept omniprésent aujourd’hui. Pour mieux en cerner les contours et les enjeux, notamment pédagogiques, le numéro de juin 2015 de Sciences Humaines lui consacre son dossier.

De nombreuses recherches en éducation soulignent le rôle de la confiance dans la réussite scolaire. L’important serait moins l’estime de soi globale que la conscience de ses capacités dans des domaines spécifiques.

Deux facteurs sont essentiels dans la confiance en ses capacités : les expériences de réussite ou d’échec (en général la réussite entraine la réussite et de même pour l’échec) et les réactions des autres, enseignants, camarades et parents.

Benoit Galand, docteur en psychologie et professeur en sciences de l’éducation, montre que les petits ont une confiance élevée en leurs capacités mais que cette dernière diminue assez vite au cours de la scolarité avec l’accroissement des difficultés et surtout avec la compétition instaurée par des évaluations notées classantes, très pratiquées en France.

Or, des études montrent que la confiance dans ses capacités influence ses performances quel que soit le niveau de compétences. (1) Ainsi , des travaux sur « l’illusion d’incompétence » montre que des élèves ayant un QI supérieur à la moyenne mais doutant de leurs capacités risquent plus l’échec que des élèves ayant un QI plus faible mais une plus grande confiance en leurs capacités. (2)

Des études ont montré par ailleurs que en facilitant le choix d’une stratégie d’apprentissage, l’acquisition des connaissances et la maitrise de l’anxiété, la confiance accroit les capacités à apprendre.(3)

Maintenir ou restaurer la confiance des élèves apparaît donc un enjeux essentiel pour les pratiques pédagogiques.

Ainsi favoriser les réussites et revoir les évaluations et leurs interprétations sont des pistes à emprunter.

Pour augmenter les possibilités de succès des élèves sans diminuer le niveau d’exigence, il est possible de fractionner une tâche complexe en étapes plus abordables pour une progression graduelle. Des objectifs précis et atteignables permettent, pour l’élève comme pour l’enseignant, de prendre conscience de ce qui est compris et de ce qu’il faut reprendre pour progresser.

De même, des évaluations formatives associant une démarche réflexive de l’élève et n’instaurant pas une compétition et une peur de l’erreur, permettent d’instaurer un climat de confiance. Avoir des feedbacks permet à l’élève de percevoir ses progrès, c’est une démarche essentielle pour que l’élève devienne plus autonome .

Les neurosciences ont largement montré que des facteurs relationnels et émotionnels étaient essentiels pour l’apprentissage. La peur de se tromper et la menace de la note sanction étant largement contre-productifs car suscitant plus souvent méfiance, soumission ou même rébellion et décrochage.

Le climat de confiance entre élèves et enseignant et entre les élèves eux mêmes joue donc un rôle essentiel dans la réussite scolaire. Pour cela les méthodes de travail coopératif, les pédagogies favorisant la réflexion et la résolution de problème ne sont pas des techniques pour « ludifier l’enseignement » comme on a pu l’entendre dans certaines critiques de la réforme du collège, elles sont un facteur essentiel de la réussite pour un plus grand nombre.

Pour en savoir plus : http://www.scienceshumaines.com/introduction-et-sommaire-du-dossier_fr_34387.html

(1) Chiungjung Huang (2011), Journal of psychology, vol. XLIX n°5 oct.2001

(2) Bouffard T. et Vezeau C.(2008) Benoit Galand et Etienne Bourgeois PUF.

(3) Galand B. Vanlede M (2004) Savoirs, HS n° 1


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